mutations digitale Transport aerien – Kenya Airways quitte aussi le tarmac camerounais

Après Royal air Maroc, il y a une trentaine de jours, la compagnie kényane a suspendu ses escales à Yaoundé et Douala, suite à l’augmentation des prix du kérosène.

Après Royal air Maroc, il y a une trentaine de jours, la compagnie kényane a suspendu ses escales à Yaoundé et Douala, suite à l’augmentation des prix du kérosène.

Par Michel Enony

Le ciel camerounais se vide de ses principaux opérateurs historiques. Le 19 juin 2026, Kenya Airways a opéré son dernier vol passager entre Nairobi et Douala. Le Boeing 737 qui reliait les deux villes, pour la dernière fois, a décollé pour ne plus revenir. Environ un mois après la suspension des liaisons de Royal Air Maroc vers Douala et Yaoundé, la compagnie kényane quitte à son tour le marché camerounais.

Kenya Airways a officialisé sa décision le 12 juin, par une note signée de sa directrice pays pour le Cameroun et le Gabon. La compagnie invoque une « revue de routine du réseau dans le cadre d’une stratégie d’optimisation et d’amélioration de l’efficacité opérationnelle ». Mais, les chiffres dessinent un tableau plus sévère. Selon les statistiques de l’Autorité aéronautique du Cameroun, le nombre de passagers transportés par Kenya Airways est passé de 86 139 en 2019 à 16 551 en 2022, soit une chute de plus de 80 % en trois ans. La part de marché de la compagnie s’est contractée à 1,59 %. Kenya Airways avait déjà cessé de desservir Yaoundé-Nsimalen quelques années plus tôt. La fermeture de la liaison Douala marque la fin de toute activité-passagers de ladite compagnie au Cameroun.

Royal Air Maroc a annoncé, elle aussi, le 18 mai 2026, la suspension temporaire de ses vols vers Douala et Yaoundé. La compagnie marocaine a affiché comme motifs « la hausse des prix du kérosène, conséquence directe des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, ainsi qu’un ralentissement de la demande sur ses dessertes d’Afrique centrale ». En effet, le conflit au Moyen-Orient a provoqué un choc pétrolier que les transporteurs africains ont absorbé pendant plusieurs mois, avant que certains ne cèdent.

La double suspension en direction du Cameroun réduit l’offre de liaisons directes entre l’Afrique centrale et les hubs de Casablanca et Nairobi. Les passagers camerounais perdent l’accès aux correspondances vers l’Europe via le Maroc et vers l’Asie de l’Est, ainsi que l’océan Indien via le Kenya. Kenya Airways recommande à ses clients de se réacheminer via Ethiopian Airlines ou Air Côte d’Ivoire.

Pour les Aéroports du Cameroun, cette décision entraîne une baisse des recettes liées aux redevances passagers. Le maintien des opérations de fret non régulières et des vols ad hoc préserve une partie du trafic, mais ne compense pas la perte de la desserte régulière.

Les deux compagnies n’excluent pas un retour à moyen terme. Reste que ce retrait simultané interroge sur la capacité du Cameroun à retenir les grands transporteurs aériens africains. Pendant ce temps, Ethiopian Airlines consolide sa position dominante sur le segment entre l’Afrique centrale et l’Afrique de l’Est, tandis que les passagers camerounais composent avec un éventail de liaisons en voie de rétrécissement.

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