Lors de la cérémonie d’ouverture officielle de ce salon, le président du Syndicat des industriels du Cameroun a dressé un bilan factuel des obstacles structurels qui freinent la compétitivité et la croissance du secteur privé national.
Lors de la cérémonie d’ouverture officielle de ce salon, le président du Syndicat des industriels du Cameroun a dressé un bilan factuel des obstacles structurels qui freinent la compétitivité et la croissance du secteur privé national.
Lors de la cérémonie d’ouverture officielle de ce salon, le président du Syndicat des industriels du Cameroun a dressé un bilan factuel des obstacles structurels qui freinent la compétitivité et la croissance du secteur privé national.
Par Ulrich Enyegue
Le palais des Congrès de Yaoundé est plein à craquer ce lundi 15 juin 2026. La 10e édition du salon international Promote s’ouvre devant un parterre d’invités prestigieux. Ambassadeurs, membres du gouvernement, maires, sénateurs et chefs d’entreprises se partagent les travées. Au protocole, c’est Luc Magloire Mbarga Atangana, le ministre du Commerce, qui préside la session en qualité de représentant Premier ministre (Pm). Le bal de prises de parole s’ouvre par le mot de bienvenue du représentant du maire de la ville de Yaoundé, la municipalité hôte.
À sa suite, Andreas Schweizer, président de la fondation Inter-progress, monte à la tribune. Son message est synthétique mais lucide. Promote grandit, mais le palais des Congrès affiche désormais ses limites logistiques. Après la recherche infructueuse d’un nouveau site de 7 hectares demandé par le Premier ministre pour faciliter l’accès des participants, il annonce qu’une alternative est en étude. « La Fondation Inter-progress adressera très prochainement au Premier ministre, un projet moins ambitieux, mais pouvant répondre aux besoins des prochaines Promotes dès 2028 ».
Puis, l’atmosphère change. C’est le moment de la prise de parole de Samuel Kondo Ngande. Le président du Syndicat des industriels du Cameroun (Syndustricam) prévient immédiatement son auditoire. « Mesdames et messieurs, tout d’abord, si vous me permettez, je vais faire une parenthèse. J’aurais bien voulu être court, seulement j’ai beaucoup de choses à dire. J’espère que vous ne m’en voudrez pas de prendre un peu de temps ». Le ton est donné. Face aux autorités administratives, le leader des industriels évacue les faux débats. Le Cameroun dispose de visions et de plans de développement, mais le nœud du problème est ailleurs. Il s’agit de « notre aptitude collective à traduire ces ambitions en performances économiques tangibles, perceptibles à la fois par les entreprises et par les populations ». Chiffres à l’appui, il rappelle que la croissance nationale 3,5% en 2025 et près de 4% attendus pour 2026 reste « particulièrement modeste » face à une poussée démographique de 3% par an.
Il insiste sur un point central : la cohérence des politiques publiques. Samuel Kondo Ngande met en lumière le manque de coordination de l’État et prend l’exemple d’une récente procédure de sécurisation des recettes fiscales. Cette décision administrative a conduit au retrait de capacités de production électrique, privant jusqu’à 40 % des usagers industriels des régions du Littoral et de l’Ouest de courant. Pour le président du syndicat, « mobilisation des recettes, sécurité énergétique et ambition industrielle ne doivent pas s’opposer », car lorsque ces orientations se contredisent, « c’est l’industrie qui absorbe le choc et elle l’absorbe seule ». Pour lui, l’équation est simple : le pays ne peut pas accélérer son industrialisation sans une énergie « abondante, stable et compétitive ». « L’énergie n’est pas un secteur parmi d’autres. Elle constitue le socle sur lequel repose l’ensemble de la transformation économique », tranche-t-il.
Le leader du Syndustricam applique le même constat à la filière cacao, où la capacité des usines augmente plus vite que la production agricole « sans augmentation substantielle de l’offre, nous risquons de construire des capacités industrielles plus rapidement que notre capacité à les alimenter. » Suivent les questions de la pression fiscale et de la décentralisation, où le syndicat exige des résultats concrets sur le foncier et les routes communales, car « la compétitivité nationale commence souvent par l’efficacité locale ».