mutations digitale – Contrefacon monetaire – La Beac defend la solidite du Fcfa

Équipements sophistiqués, faux billets et pièces contrefaites ont été saisis au cours d’une opération menée par la gendarmerie à Bonabéri.

Équipements sophistiqués, faux billets et pièces contrefaites ont été saisis au cours d’une opération menée par la gendarmerie à Bonabéri.

Par Pulchérie Nsia

Ce mardi aux premières heures de la matinée, les forces de l’ordre ont mené une opération d’envergure à Bonabéri, dans l’arrondissement de Douala IVe. Derrière les murs d’une bâtisse qui semblait être un simple entrepôt se cachait en réalité une véritable usine de fabrication de fausse monnaie, présumément exploitée par un ressortissant chinois. Le matériel saisi témoigne du niveau de sophistication du réseau.

L’intervention, menée par la gendarmerie et supervisée par le préfet du Wouri, Sylyac Marie Mvogo, met fin, du moins pour l’instant, à une activité criminelle aux conséquences potentiellement graves pour l’économie nationale.

À l’intérieur de l’usine, les enquêteurs ont découvert un impressionnant arsenal : des presses industrielles capables d’imprimer des billets en série, des encres spéciales imitant les dispositifs de sécurité, des scanners haute définition, d’importants stocks de papier fiduciaire contrefait ainsi qu’un broyeur de pierres contenant une matière que les gendarmes ont identifiée comme du marbre. Sur les tables, des liasses de faux billets de 10 000 FCFA ainsi que des pièces de monnaie de 500 et 100 FCFA attendaient d’être mises en circulation.

« Nous avons neutralisé un réseau qui aurait pu déstabiliser notre économie locale », a confié un officier, visiblement surpris par l’ampleur de l’installation, mais satisfait du travail accompli.
Présent sur les lieux, le préfet du Wouri a déclaré que cette usine clandestine aurait pu fragiliser la confiance des populations dans la monnaie nationale et causer d’importants préjudices économiques. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération internationale afin de prévenir de telles menaces.

Au marché chinois d’Akwa, l’affaire alimente les conversations. « On se demande combien de faux billets ont déjà circulé. Mais aujourd’hui, on se sent enfin protégés », confie une commerçante encore sous le choc. Une autre estime que cette découverte permet de mieux comprendre « pourquoi les pièces de monnaie ont subitement réapparu sur le marché ».

Au Cameroun, la fabrication, l’introduction ou la mise en circulation de fausse monnaie sont sévèrement réprimées. L’article 211 du Code pénal prévoit de lourdes sanctions à l’encontre des contrevenants. Les auteurs de fabrication ainsi que les personnes qui introduisent ou émettent de fausses devises encourent notamment la peine d’emprisonnement à vie.

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