mutations digitale Langues maternelles 12 integrees dans les programmes scolaires

D’après le ministre de l’Éducation de base, Laurent Serge Etoundi Ngoa, c’est un moyen de les préserver. Par Marielle Ongono Le Palais des congrès de Yaoundé a abrité le 19 février dernier la célébration de la décennie internationale des langues autochtones (Idil 26). En ouverture, des enfants, tous vêtus d’une tenue traditionnelle ont exécuté l’hymne […]

D’après le ministre de l’Éducation de base, Laurent Serge Etoundi Ngoa, c’est un moyen de les préserver.

Par Marielle Ongono

Le Palais des congrès de Yaoundé a abrité le 19 février dernier la célébration de la décennie internationale des langues autochtones (Idil 26). En ouverture, des enfants, tous vêtus d’une tenue traditionnelle ont exécuté l’hymne national en langue foufouldé. C’est en prélude à la journée internationale de la langue maternelle célébrée les 21 février, que le gouvernement représenté par le ministre de l’Éducation de base, Laurent Serge Etoundi Ngoa, la Société internationale de linguistique (Sil) et l’Unesco se sont retrouvés pour faire un état des lieux et surtout de se projeter pour une meilleure préservation de ces langues à l’ère du numérique. Face à la disparition progressive des langues maternelles, le gouvernement et ses partenaires multiplient les initiatives pour renforcer leur transmission. Selon le ministre de l’Éducation de base, la sauvegarde des langues commence dès le plus jeune âge. « Tout se prépare à la base. C’est dans l’éducation de base que les langues maternelles ont été réintroduites, et la première pratique doit se faire en famille », a t’il expliqué. Pour palier aux difficultés d’appropriation de ces langues, le gouvernement a opté pour une réintroduction progressive dans les programmes scolaires. À ce jour, douze langues nationales sont déjà enseignées dans plusieurs établissements. Leur intégration aux examens officiels pourrait suivre, « au moment jugé opportun ».

Sur le terrain, la Sil joue un rôle important. L’organisation a mené un projet expérimental dans la langue com, révélant que les élèves qui débutent leur scolarité dans leur langue maternelle réussissent mieux que ceux formés uniquement en français ou en anglais. Cette expérience a fortement contribué à la décision gouvernementale d’introduire les langues nationales dans l’enseignement maternel et primaire. La Sil innove également dans le domaine du numérique. Elle développe des applications et des logiciels pour l’apprentissage des langues camerounaises. Pendant la pandémie de Covid-19, elle a même lancé des classes d’alphabétisation via WhatsApp, permettant aux apprenants de poursuivre leur formation à distance. Parmi les outils numériques, l’application Bibala est un exemple de réussite qui compte à ce jour 58 000 abonnés, dont une grande partie de Camerounais de la diaspora désireux de renouer avec leur langue maternelle. En partenariat avec Bibala, la Sil œuvre à la numérisation des langues locales afin de les rendre accessibles au plus grand nombre.

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