Le ministre des Transports réagit à une information qui a circulé il y a un peu plus d’une semaine, indiquant que ce navire intercepté par les autorités françaises transporterait du pétrole russe.
Le communiqué radio-presse signé hier lundi, 8 juin 2026, du ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngalle Bibehe, renseigne sur la position du gouvernement camerounais au sujet d’une affaire visant à entacher l’image du pays dans le secteur maritime. En effet, « le ministre des Transports, autorité maritime de la République du Cameroun, porte à la connaissance de l’opinion publique nationale et internationale en général, et des acteurs du secteur maritime en particulier, que des informations diffusées dans les réseaux sociaux, certaines plateformes numériques et la presse écrite, font état de l’interception par les autorités françaises pendant le week-end du 31 mai au 1er juin 2026, d’un pétrolier dénommé TAGOR, présenté comme battant pavillon camerounais et qui transporterait du pétrole russe », écrit le ministre.
Une information qui n’est pas exacte. Puisque, précise le ministre des Transports, « à la suite des vérifications diligemment effectuées par les services compétents du département ministériel dont il a la charge, il ressort que ledit navire ne figure dans aucun des registres officiels des navires autorisés à battre pavillon camerounais ». Tout laisse croire qu’il y a une volonté délibérée de nuire aux intérêts du Cameroun, notamment à l’international. « Le ministre des Transports, autorité maritime, rappelant les termes de ses communiqués du 06 février 2026 et du 29 mai 2026 sur la même problématique, condamne avec rigueur l’utilisation frauduleuse et abusive des attributs de la nationalité de la République du Cameroun et invite la communauté maritime internationale à prendre des mesures drastiques contre ces dérives qui deviennent fréquentes dans ce secteur », poursuit-il.
Fraude maritime
Ce n’est pas tout. « A ce titre, il rappelle à l’opinion nationale et internationale que le Cameroun demeure pleinement engagé dans la lutte contre la fraude maritime, conformément à ses obligations nationales et internationales en matière de sûreté, de sécurité et de gouvernance maritimes, et poursuit sereinement le processus d’assainissement et de modernisation de son pavillon, dans le respect des lois et règlements en vigueur ». En outre, réitère le signataire dudit communiqué, « le ministre des Transports invite les médias ainsi que les acteurs du secteur maritime à faire preuve de prudence, de responsabilité et de discernement dans la gestion de l’information, et à s’abstenir de toute spéculation ou conclusion hâtive susceptible de porter atteinte à l’image du registre maritime camerounais ainsi qu’aux intérêts de l’État du Cameroun ». Il ne manque pas de réaffirmer l’attachement du Cameroun « au respect du droit international, au renforcement de la coopération avec les administrations maritimes partenaires et à la préservation de l’intégrité, de la crédibilité et de la réputation de son registre maritime ».
Le phénomène dénoncé par le Cameroun n’est pas nouveau. D’autant plus que, le 29 mai 2026, le ministre des Transports avait déjà révélé à l’opinion les conclusions des investigations dans la cadre de l’opération d’assainissement du pavillon camerounais prescrite par le Premier ministre (Pm), via un communiqué radio-presse, laissant transparaître que « plusieurs navires opèrent en violation de la réglementation nationale et des conventions internationales en vigueur, notamment par l’usage frauduleux du pavillon camerounais, tandis que certains font l’objet des sanctions internationales ». Dans le même sillage, « il a également été constaté que plusieurs navires, pourtant radiés des registres d’immatriculation du Cameroun continuent d’opérer au moyen d’identifiants radioélectriques délivrés par l’État du Cameroun ».
Une sortie qui s’est accompagnée, il y a une dizaine de jours, de la liste des navires radiés et de celle des navires dénoncés. Reste que la délinquance maritime se poursuit avec le dernier acte en date. Face à de tels agissements, les autorités camerounaises ne doivent pas baisser la garde.