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Réuni à Yaoundé le 3 juin 2026, le Comité de pilotage de l’opération Aalfa a lancé un audit massif pour démasquer les auteurs des actes qui coûtent annuellement 38 milliards Fcfa au Trésor public.

Réuni à Yaoundé le 3 juin 2026, le Comité de pilotage de l’opération Aalfa a lancé un audit massif pour démasquer les auteurs des actes qui coûtent annuellement 38 milliards Fcfa au Trésor public.

Par Ulrich Enyegue

Le Trésor public est sous haute pression. Entre juin 2024 et mars 2026, le nombre d’enfants enregistrés par les fonctionnaires camerounais est passé de 594 728 à 923 307 actes. Cette explosion démographique artificielle, qui laisse transparaître une augmentation de 55%, a fait bondir les dépenses annuelles de l’État de 21 à 38 milliards Fcfa dans la même période. Sur le terrain, les enquêteurs pointent des anomalies flagrantes : une prédominance suspecte de naissances gémellaires et multiples avec des cas répétés de nonuplés, l’alignement simultané de plusieurs enfants par plus d’un parent, des écarts d’âge biologiquement improbables entre les enfants nés d’une même mère, ou encore le dépôt d’actes de naissance sans le nom de la mère. Les membres du Comité de pilotage de l’Opération d’audit des allocations familiales (Aalfa), réunis à Yaoundé le 3 juin 2026, ont officiellement lancé leurs travaux. Présidée par le ministre des Finances (Minfi), Louis Paul Motaze, aux côtés du ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative (Minfopra), Joseph Le, cette instance veut garantir une gestion rigoureuse des ressources publiques. L’objectif est clair : « extirper du fichier solde tous les enfants alignés frauduleusement et recouvrer les sommes indûment payées ».

La riposte technique commence dès le 20 juin 2026. Selon Robert Simo Kengne, directeur de la dépense du personnel et des pensions au Minfi, l’État va collecter plus de 900 000 actes de naissance au cours des deux prochains mois. Cette première phase d’audit s’étend jusqu’au 15 août 2026, pour identifier les anomalies immédiates. Par la suite, les équipes vont se déployer dans les centres d’état civil avec l’appui du Bureau national de l’état civil (Bunec). Ce croisement de fichiers permet de distinguer le vrai du faux. Le directeur de la dépense du personnel et des pensions, Robert Simo Kengne, précise la méthode : « Lorsqu’on aura fini d’authentifier, on viendra supprimer encore les enfants pour qui les actes de naissance seront déclarés faux ». Pour éviter les contentieux judiciaires, le gouvernement mise sur le dialogue avec les fonctionnaires concernés. « On s’organisera pendant une très longue période pour recevoir ceux des personnes pour qui on aura supprimé l’allocation familiale, et qui estiment que c’est une erreur, pour éviter les projets de procès », rassure le directeur.

Une grande opération de nettoyage qui s’inscrit dans la continuité de la rationalisation des dépenses publiques de l’État. En ciblant cette composante qui représente désormais 4 % de la masse salariale globale, le fisc ferme l’un des robinets les plus lucratifs de la fraude administrative. Les agents publics fraudeurs font désormais face à un compte à rebours de 24 mois. La récréation est donc terminée dans les berceaux virtuels de la fonction publique, et chaque matricule doit maintenant prouver la légitimité de sa descendance sous peine de voir son salaire sévèrement amputé.

Les allocations familiales sont des prestations sociales versées aux foyers pour les aider à couvrir les charges liées à l’entretien des enfants. Tout laisse croire que des fonctionnaires véreux usent d’une ingénierie sophistiquée pour spolier le Trésor public.

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