SOCIETE-SUSPICION DE VIOL SUR MINEURE
Alors qu’un certificat médical atteste d’« une ecchymose hyménéale » subit par Joyce Bissang Omgba, deux ans et 11 mois , la famille et l’école sont à couteaux tirés.

L’indignation gagne la toile. Une nouvelle affaire de viol présumé sur une enfant de deux ans et 11 mois, Joyce Bissang Omgba, secoue internet. Dans une vidéo relayée sur les réseaux sociaux, sa mère affirme que l’enfant a été «abusée par voie anale et par le vagin.»

Selon la mère, tout a commencé lundi 25 mai 2026, au retour de la petite fille de l’école. C’est à son domicile que les proches auraient constaté les signes d’une agression. Conduite d’urgence chez un médecin, Joyce a fait l’objet d’une échographie et d’un certificat médical signé le lendemain, 26 mai, dont les conclusions sont : « Une ecchymose hyménéale». D’après des explications d’un gynécologue que Mutations a contacté, celle-ci peut être causée par « un traumatisme comme une friction intense, un choc physique ou des rapports sexuels brutaux.»

Dans le carnet médical que nous nous sommes procuré, les examens d’échographie effectués révèlent : « vulve propre, hymen présent avec orifice large, présence de deux fissures anales à 3h et 9h, faible épanchement pelvien». Un constat compatible avec un traumatisme, peut-on lire sur le document médical.

Folle de rage et de douleur, la mère de l’enfant s’est rendue dès lundi soir, puis mardi matin, devant l’école fréquentée par sa fille, l’établissement privé GSB La Glory Olympic, à Odza, arrondissement de Yaoundé IV. Des vidéos devenues virales montrent les parents bloquant l’entrée, réclamant que images de vidéos surveillance soient fournies et l’auteur livré. Selon eux, l’agression aurait eu lieu au sein même de l’école.

Mais très vite, l’établissement a riposté. Dans un communiqué officiel publié sur les réseaux sociaux, la direction affirme que l’information est « fausse ». « Aucun incident de cette nature n’a eu lieu à GSB La Gloire Olympique », peut-on y lire. L’école assure être dotée de caméras de surveillance (CCTV), d’un personnel qualifié et de contrôles d’accès stricts.

Au-delà du démenti, l’établissement a livré une tout autre version des faits, qu’il a diffusée en interne et qui circule désormais. Selon ce récit, le père serait venu chercher l’enfant à 13h, celle-ci courant joyeusement vers lui, sans aucun signe de souffrance. Ce n’est que trois heures et demie plus tard, à 16h30, que la mère serait revenue seule devant l’école, proférant des menaces d’incendie. Le lendemain, le couple aurait bloqué l’accès, refusant toute discussion avec la direction. L’école accuse désormais les parents de vouloir « ternir son image » et annonce avoir saisi la brigade de gendarmerie d’Odza.

« Nous ne protégeons personne, affirme l’établissement. Le coupable, s’il y a eu viol, le paiera. Cela n’exclut pas les parents.» L’école précise avoir mis ses vidéos à disposition des enquêteurs et demande au public de ne pas se fier aux émotions des réseaux sociaux.

Sur Twitter (X), Facebook et TikTok, le débat explose. Si certains internautes soutiennent la famille et réclament la fermeture de l’école, d’autres s’interrogent sur le délai entre la sortie de l’école et la constatation des faits, ou sur l’absence de saignement mentionné. Certains appellent à la prudence tant que l’enquête n’a pas rendu ses conclusions. Une enquête que les autorités ont désormais en main. Reste à savoir si les caméras de l’école – si elles fonctionnent – livreront des réponses, et si le certificat médical suffira à confondre un éventuel agresseur.

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