POLITIQUE-ONCARCERATION DE DJEUKAM TCHAMENI
La dégradation de son état de santé et l’absence de charges fondées contre l’opposant, sont les arguments avancés par Makini Djeukam au cours d’un point de presse le 24 décembre dernier à Yaoundé.

« Je demande qu’on libère Djeukam Tchameni, car il n’y a pas de crime ». Ainsi s’est exprimée son épouse, affirmant que ni la famille ni les avocats ne comprennent les raisons exactes de cette détention. Makini Djeukam demande aussi la libération d’autres prisonniers arrêtés dans les mêmes circonstances. Revenant sur les faits, Djeukam Tchameni a été interpellé le 24 octobre dernier à Douala à la suite des tensions post-électorales pour appel à l’insurrection, révolution et hostilité à la République, dans des conditions violentes et excessives, comme le décrit son épouse. Des ordinateurs appartenant aux enfants et des coffres-forts ont été saisis lors de l’opération. « Jusqu’à ce jour, ces équipements, indispensables à leurs études, n’ont pas été restitués », déplore-t-elle.

Djeukam Tchameni a passé plus de quarante jours en détention sans être informé des motifs de son arrestation. « On arrête d’abord, puis on cherche à justifier après. Cette façon de procéder est troublante et contraire aux principes de l’État de droit », estime-t-elle. L’état de santé de Djeukam Tchameni constitue une source majeure d’inquiétude pour sa famille. Son épouse affirme qu’il n’est « plus en forme comme avant » et que l’incertitude liée à sa détention prolongée pèse lourdement sur son moral. Si des améliorations ont été observées dans ses conditions de détention après les alertes de la famille, elle juge ces mesures insuffisantes au regard de son âge. Makini Djeukam remet également en cause certaines accusations évoquées de manière informelle, notamment la présence présumée d’armes à leur domicile. « Les preuves doivent précéder l’arrestation, et non l’inverse », souligne-t-elle, mettant en doute la crédibilité des charges avancées. Au-delà du cas de son mari, elle dit avoir été marquée par la situation d’autres détenus rencontrés lors de sa visite à la prison, accusés d’hostilité à la patrie, de rébellion ou de tentative de révolution. « Participer à une élection et soutenir un candidat choisi par le peuple est-il devenu un crime ? », s’interroge-t-elle. Pour Makini Djeukam, ces arrestations sont une forme d’intimidation inacceptable

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