Le fondateur du festival Écrans Noirs a été inhumé le 27 juin dernier à Nindjé.
Le fondateur du festival Écrans Noirs a été inhumé le 27 juin dernier à Nindjé.
Le fondateur du festival Écrans Noirs a été inhumé le 27 juin dernier à Nindjé.
Par Marielle Ongono
Bassek Ba Kobhio repose désormais à Nindjè, sa terre natale. Cette grande figure du cinéma africain a été inhumée le 27 juin dernier. Amis, collaborateurs, artistes et autorités lui ont rendu un dernier hommage à l’Hôpital général de Yaoundé. Plusieurs personnalités ont salué l’œuvre et le parcours de celui qui était considéré comme un mentor. « Les Écrans Noirs du cinéma francophone, c’était un défi qu’il a relevé. Il a fait voir l’Afrique à travers le monde. En cela, il nous a donné une leçon. C’est possible en Afrique », a déclaré Ruben Binam, artiste musicien et promoteur culturel.
Pour Grégoire Owona, le meilleur hommage à lui rendre sera de poursuivre son œuvre. « Bassek Ba Kobhio avait fixé les dates du Festival Écrans Noirs du 21 au 28 novembre. À l’occasion du trentième anniversaire, nous confirmons ces dates et profiterons de cette célébration pour lui rendre un véritable hommage », a-t-il indiqué. Il a également confié garder le regret que le cinéaste n’ait pas pu réaliser tous les projets qu’il portait. « Nous voulions tourner un film sur les villes mortes à Douala, un projet sur lequel il avait beaucoup travaillé. Nous voulions également réaliser un film sur Manu Dibango, ainsi qu’un autre sur Ruben Um Nyobè. » Selon lui, Bassek Ba Kobhio aura eu le mérite de maintenir vivant l’intérêt pour le cinéma. « Après la fermeture de toutes les salles de cinéma au Cameroun, il a fait en sorte que, pendant des décennies, les Camerounais continuent à parler de cinéma. C’est l’un des plus grands mérites que nous devons lui reconnaître », a-t-il souligné. Bassek Ba Kobhio laisse derrière lui un héritage considérable. Réalisateur, écrivain et promoteur culturel, il a marqué plusieurs générations de cinéastes africains.
Le 24 juin dernier, une soirée d’hommage lui a également été consacrée à l’esplanade du Musée national. L’ouverture du livre de condoléances, une procession culturelle accompagnée de la musique rituelle essani, des projections audiovisuelles retraçant son parcours ainsi que des prestations artistiques ont rythmé cette cérémonie. Le Cameroun et l’Afrique perdent un bâtisseur, un visionnaire et l’un des plus fervents défenseurs du cinéma africain. Son œuvre continuera toutefois de vivre à travers les générations qu’il a inspirés et les milliers de spectateurs qu’il a contribué à faire rêver.
Auteur de plusieurs œuvres majeures, dont Le Cameroun, la fin du maquis ?, Sango Malo et le long métrage Le Grand Blanc de Lambaréné, ainsi que de documentaires diffusés sur TF1 et France 2, notamment La Poule aux œufs d’or et La Reine Blanche, Bassek Ba Kobhio a profondément marqué le paysage culturel africain. À titre posthume, il a été élevé au rang d’Officier de l’Ordre national de la Valeur par le ministre des Arts et de la Culture, représentant du chef de l’État. C’est dans la stricte intimité familiale que sa dépouille a été inhumée. Il repose désormais à Nindjè, sur la terre de ses ancêtres.