mutations digitale – Contrefacon monetaire – La Beac defend la solidite du Fcfa

Selon le laboratoire d’analyse des contrefaçons de l’institution, seulement 16 639 billets contrefaits ont été recensés à fin avril, sur un stock de près de 847,5 millions de billets authentiques en circulation.

Selon le laboratoire d’analyse des contrefaçons de l’institution, seulement 16 639 billets contrefaits ont été recensés à fin avril, sur un stock de près de 847,5 millions de billets authentiques en circulation.

Par Jean De Dieu Bidias

Le démantèlement, le 08 juin dernier à Douala, d’un atelier clandestin de fabrication de faux billets et de fausses pièces de monnaie tenu par des ressortissants chinois a ravivé les inquiétudes autour de la circulation de la fausse monnaie en Afrique centrale. Alors que plusieurs affaires similaires ont été signalées ces dernières années dans différents pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac) assure que le phénomène reste sous contrôle et ne menace nullement la stabilité du Fcfa. Dans un entretien accordé à l’hebdomadaire Cameroon Business Today, édité par la Société de presse et d’éditions du Cameroun (Sopecam), le gouverneur de la Beac, Yvon Sana Bangui, a tenu à rassurer les acteurs économiques et les populations. Selon les données du laboratoire d’analyse des contrefaçons de l’institution, seulement 16 639 billets contrefaits ont été recensés à fin avril 2026 sur un total de près de 847,5 millions de billets authentiques en circulation dans les six pays de la sous-région.

Rapporté au volume global de monnaie fiduciaire, ce chiffre correspond à 19 billets contrefaits pour un million de billets en circulation. Un ratio largement inférieur au seuil d’alerte généralement admis à l’échelle internationale, fixé autour de 100 billets pour un million. En d’autres termes, près de 99,998% des billets circulant dans l’espace Cemac sont authentiques. Pour le gouverneur, ces statistiques démontrent que « le phénomène reste marginal » malgré sa visibilité croissante dans les faits divers judiciaires. Cette communication intervient dans un contexte marqué par une multiplication des opérations de démantèlement de réseaux de faux-monnayeurs. Ces dernières années, les forces de sécurité ont procédé à plusieurs saisies à Douala et Maroua au Cameroun, à Bangui en République centrafricaine ou encore à Ebebiyin en Guinée équatoriale. Entre 2023 et 2025, plus de 1,6 milliard Fcfa de faux billets de la gamme 2020 auraient ainsi été interceptés par les autorités monétaires et sécuritaires de la sous-région. L’affaire de Douala illustre toutefois les risques économiques associés à ces activités criminelles. Les perquisitions menées sur le site ont permis de saisir des faux billets de 10 000 Fcfa pour une valeur de 400. 000 Fcfa ainsi que des pièces de monnaie de 500 Fcfa représentant près de 1,8 million Fcfa. Au total, ce sont plus de 2 millions Fcfa de fausse monnaie qui auraient potentiellement pu être injectés dans le circuit économique régional.

Pour contenir cette menace, la banque centrale affirme investir continuellement dans le renforcement des dispositifs de sécurité de ses signes monétaires. Selon Yvon Sana Bangui, les nouvelles gammes de billets et de pièces mises en circulation répondent désormais aux standards internationaux les plus exigeants en matière de lutte contre la contrefaçon. Le gouverneur relève d’ailleurs que les fausses pièces saisies à Douala reproduisaient exclusivement des pièces de 500 Fcfa appartenant à la gamme introduite en 1985. Une série que la Beac retire progressivement de la circulation au profit des nouvelles émissions jugées plus difficiles à falsifier grâce à l’intégration de technologies de sécurité avancées. Au-delà des innovations techniques, la banque centrale mise également sur la participation des usagers. Depuis plusieurs mois, elle déploie l’application mobile « Beac Ng2020 », disponible sur les principales plateformes de téléchargement. Cet outil permet de vérifier l’authenticité des billets de la nouvelle gamme et de signaler d’éventuels cas suspects grâce à un système de géolocalisation.

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