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Le président du Groupement des entreprises du Cameroun a saisi l’occasion de son assemblée générale tenue le 23 juin dernier à Douala pour décrier, entre autres, l’inertie au sommet de l’État.

Le président du Groupement des entreprises du Cameroun a saisi l’occasion de son assemblée générale tenue le 23 juin dernier à Douala pour décrier, entre autres, l’inertie au sommet de l’État.

Par Blaise Djouokep
Photo : Célestin Tawamba.

C’est une revue des différents secteurs d’activités de la vie économique du pays que Célestin Tawamba, président du Groupement des entreprises du Cameroun (Gecam), a faite au cours de l’assemblée générale (Ag) tenue le 23 juin, au siège du patronat à Douala. Dans son discours de 17 pages, Célestin Tawamba a présenté la situation dans le secteur non pétrolier, secondaire, tertiaire, de même que la dette publique. Il en dresse un bilan relativement négatif, marqué par une « croissance économique en légère baisse [qui] régresse à 3,1% contre 3,4% en 2024, soit deux fois moins que la Côte d’Ivoire ».

Et la raison est trouvée. « L’année écoulée aura été marquée par un contexte politique et institutionnel particulier, dont il nous paraît difficile de ne pas évoquer les conséquences sur la vie économique nationale. Au lendemain de l’élection présidentielle et de l’investiture du président de la République, le secteur privé nourrissait l’espoir légitime de voir s’ouvrir une nouvelle étape de l’action publique, marquée par une nouvelle dynamique, une nouvelle impulsion, une accélération des réformes attendues depuis plusieurs années… », liste-t-il. Malheureusement, le signal fort tant attendu, et adressé aux investisseurs, aux entreprises n’arrivera pas. Cette impulsion tarde encore à se matérialiser. Conséquences : le Cameroun connaît aujourd’hui une situation singulière, caractérisée par une forme d’attentisme qui finit par affecter l’ensemble de la vie économique.

Faiblesse structurelle

« Les décisions structurantes se font rares ; les arbitrages prennent du temps ; les projets, lorsqu’ils existent, avancent lentement ; les administrations privilégient la prudence à l’initiative, et les opérateurs économiques évoluent dans un environnement où la visibilité devient chaque jour plus difficile », regrette Célestin Tawamba. Une situation qui a des conséquences sur la confiance des investisseurs, sur le moral des chefs d’entreprise. Pourtant, fait observer le patronat, l’économie ne prospère jamais durablement dans l’attente ; l’investissement a besoin de visibilité ; l’innovation a besoin d’audace ; l’entreprise a besoin de confiance… « La gouvernance est à l’arrêt. Nous avons besoin que les choses changent, nous avons besoin qu’il y ait une dynamique qui fasse bouger les lignes. On a besoin d’une meilleure visibilité de la gouvernance. On investit dans un pays qui décide, pas dans un pays qui est à l’arrêt. C’est pourquoi le Gecam réitère son appel à une relance vigoureuse de l’action publique, en cohérence avec les ambitions exprimées au plus haut sommet de l’État et avec les attentes légitimes des acteurs économiques », insiste le président du patronat.

Croissance compatible

Une gouvernance à l’arrêt qui impacte la croissance économique du Cameroun demeurée modérée, voire en légère baisse en 2025, régressant à 3,1 contre 3,5% en 2024. Le Cameroun affiche tout de même une performance supérieure à la moyenne de la Cemac, mais demeure en dessous du rythme moyen observé en Afrique subsaharienne (environ 4%) et à l’évidence très faible pour permettre une croissance compatible avec l’objectif d’atteinte de l’émergence en 2035. L’analyse de la croissance montre que cette stagnation s’explique principalement par le recul continu du secteur pétrolier. En effet, le Gecam note que la branche extraction d’hydrocarbures, enregistre une contraction de -6,9 % en 2025 après -9,7 % en 2024. Une réalité qui confirme progressivement un changement important dans la structure de l’économie du pays. Le principal moteur de croissance au Cameroun étant depuis quelques années le secteur non pétrolier.

Pour les chefs d’entreprise, le Cameroun dispose pourtant de ressources considérables, d’un secteur privé dynamique, d’une jeunesse talentueuse et ambitieuse. « Tout est donc réuni pour réussir », insiste Célestin Tawamba, à condition, précise-t-il, « que nous sachions collectivement transformer nos ambitions en actions, nos stratégies en résultats et notre potentiel en prospérité ». Au cours de cette Ag, le Gecam a enregistré de nouveaux membres, les comptes ont été approuvés et cinq résolutions ont été adoptées à l’unanimité des membres.

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